🆕 Mise à jour — 20 novembre 2025 : la décision du Conseil constitutionnel est tombée (n° 2025-896 DC, 20 novembre 2025)
Le Conseil constitutionnel a validé la fin de la prorogation du délai contentieux en cas de recours gracieux contre une autorisation d’urbanisme.
⚖️ L’article L. 600-12-2 du code de l’urbanisme est jugé conforme à la Constitution :
- le recours gracieux reste possible, mais il ne suspend plus le délai contentieux ;
- le Conseil estime que cette mesure ne porte pas atteinte au droit à un recours juridictionnel effectif (art. 16 DDHC), dès lors que le justiciable peut saisir directement le juge dans le délai de droit commun.
⚠️ En revanche, le Conseil a censuré partiellement l’article 26, notamment le 4° du paragraphe I qui subordonnait la recevabilité des recours à la participation préalable du public, jugeant cette exigence disproportionnée au regard du droit au recours.
Décision n° 2025-896 DC du 20 novembre 2025 – Loi de simplification du droit de l’urbanisme et du logement – Non conformité partielle
Présentée comme une mesure de “rationalisation” et de “modernisation”, la loi de simplification du droit de l’urbanisme et du logement, transmise au Conseil constitutionnel le 21 octobre 2025 (n° 2025-896 DC), pourrait pourtant marquer un tournant silencieux dans le contentieux de l’urbanisme.
Sous couvert de simplification, elle réduit encore l’accès au juge : le recours gracieux ne suspendra plus le délai contentieux, privant les administrés et les collectivités d’un outil de dialogue préalable souvent utile pour éviter le contentieux.
Le texte de la saisine des députés
En attendant la décision du Conseil constitutionnel
Cette décision participe clairement à un mouvement de déblayage du contentieux de l’urbanisme : moins de recours, davantage de rejets en amont, mais pas nécessairement moins de conflits. Or, beaucoup de contestations d’autorisations relèvent avant tout de litiges de voisinage, où le recours gracieux offrait un espace de dialogue et d’apaisement.
Sa disparition incite d’autant plus à rester attentifs aux Modes Amiables et Alternatifs de Règlement des Différends (MARD) , qui demeurent un outil utile — pour les tribunaux comme pour les parties — afin de traiter ces différends autrement que par l’éviction procédurale.
